Le comptoir de l’Auberge Saint-Mathieu : la table décontractée qui vaut le détour en Mauricie

Comptoir de l'Auberge

2081 Chem. Principal, Saint-Mathieu-du-Parc, QC G0X 1N0

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Mais juste à côté du restaurant étoilé de l’Auberge Saint-Mathieu, dans un bâtiment adjacent, se cache une adresse plus décontractée, plus estivale, le Comptoir de l’Auberge, sa buvette de village. Ouvert de juin à octobre seulement, le Comptoir mène une double vie. Le jour, c’est une épicerie fine où l’on trouve des fromages, des charcuteries, des vins et des boîtes à pique-nique à emporter vers le parc. Le soir, dès 15 h au bar, il se transforme en un restaurant à l’ambiance nettement plus relâchée que celle de la table étoilée voisine, avec une carte qui met de l’avant des fruits de mer, des poissons et des viandes. La salle accueille une quarantaine de convives, et la terrasse, considérée comme l’une des plus belles de toute la Mauricie, en reçoit une trentaine de plus.

Depuis 2023, c’est Jana Larose qui dirige la cuisine de la buvette. Originaire de la région de Victoriaville, elle a commencé à cuisiner dès l’âge de 17 ans, multipliant les stages dans des adresses reconnues : Le Mousso et l’Île Flottante à Montréal, le Honō Izakaya à Québec. Elle a ensuite occupé plusieurs postes au Poivre Noir, à Trois-Rivières, avant de devenir sous-cheffe de Samy Benabed à l’Auberge Saint-Mathieu elle-même. Un passage qui lui a permis d’hériter des clés du Comptoir dès sa réouverture.

Son parcours a pris un tournant en 2025, lorsqu’elle a remporté le titre de Révélation de l’année aux Lauriers de la gastronomie québécoise. Quelques mois plus tard, au printemps 2026, elle représentait la Mauricie à la 15e saison de l’émission Les Chefs! à Radio-Canada aidé par sa mentore, la cheffe Emmy Plante du Verre Lime, une buvette du Saguenay où Jana Larose travaille d’ailleurs chaque hiver, la saison du Comptoir étant terminée.

En ce qui concerne les prix, un menu dégustation est proposé pour 75$ si la table contient un minimum de 2 personnes, mais des options à des prix tout aussi convenables sont proposées à la carte, voire la possibilité de prendre un plateau de fruits de la mer pour 78$.

Mon expérience au comptoir de l’auberge Saint-Mathieu

Ça commence fort, avec un crudo de pétoncle sur un lit de fraises et d’huile de babeurre. Le mariage sucré-salé fait immédiatement voyager, porté par une pointe de poivre qui titille la langue sans jamais l’agresser. Mais le tout apporte une bonne dose de fraîcheur.

crabe - comptoir auberge saint mathieu
crabe

Vient ensuite un cocktail de crevette à l’aneth, où de petits morceaux de concombre apportent tout le croustillant et la fraîcheur nécessaires pour alléger le propos. Le plat est assez neutre. On nous tend aussi en accompagnement un pain aux graines et au levain qui tombe pile au bon moment pour éponger tout ça.

Le service continue sur une note plus maritime avec des tomates qui explosent littéralement en bouche, nappées d’une bisque de homard émulsionnée qui sent le large, et couronnées de chips de crabe franchement croustillantes. C’est le plat de la soirée avec la bonne odeur iodée. À côté, un brocolini et des feuilles de kale légèrement grillées, escortés d’un pesto de kale à l’arrière-goût acide et amer, un amer bienveillant, de ceux qui structurent un plat plutôt que de le plomber, et qui complète à merveille le croustillant du brocolini. Le monochrome vert du plat est intéressant aussi dans sa présentation.

broccolini - kale - comptoir auberge saint mathieu
broccolini – kale

Et puis il y a eu la courgette. Farcie d’un orzotto et de champignons chorizo, le tout gratiné au fromage et passé sur le grill, elle arrive à table avec une générosité presque intimidante. Sur le papier, tout semble aligné. Dans les faits, c’est un plat lourd, très lourd, qui manque cruellement d’un contrepoint acide ou d’une touche de fraîcheur pour trancher dans cette richesse. Le genre de plat qui, honnêtement, te plombe l’estomac.

Le contre-filet qui suit, nappé d’une sauce au poivre vert,sera parfaitement cuit.Cependant, accompagné d’une sauce au poivre, je l’ai trouvé trop léger, pas assez poivré à mon goût, ce qui laisse la mousse de fromage bleu qui l’accompagne prendre toute la place. Sans que ce soit nécessairement un mal, ce n’était pas l’équilibre que j’espérais. Les mini-frites sont, quant à elles, super croustillantes, un régal comme des mini-chips.

Le repas se referme en douceur sur une pavlova avec une bonne meringue, légèrement trop dure, coulis de framboise et ganache de chocolat blanc. Le genre de dessert réconfortant et sans prétention qui referme joliment une soirée avec la même simplicité chaleureuse.