Annette Bar à Vin à Montréal : le Bib Gourmand qui vole la vedette au vin

Annette bar à vin

4051 Rue Molson local 120, Montréal, QC H1Y 3L1

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Annette bar à vin, installée au cœur du secteur Shop Angus dans Rosemont a été ouverte en 2023. Annette est le deuxième établissement du chef Marc-Antoine Jetté, et il se dresse pratiquement face à son premier restaurant, Hoogan & Beaufort. C’est en quelque sorte le petit frère, plus décontracté, moins formel, mais tout aussi ambitieux. L’endroit prend place dans un bâtiment de verre moderne, avec une cuisine ouverte qui donne sur une salle contemporaine. Dès que l’on franchit la porte, on comprend le parti pris, l’ambiance est voulue accessible, conviviale, sans renoncer à l’excellence.

Le menu ce soir, élaboré par les chefs Marc-André Jetté et Paul Ruff, propose des plats de saison comme du flétan et des asperges. Mais permettra de découvrir aussi si possible un menu gastronomique de 4 plats pour 85 CAD. C’est ce que je vais moi-même payer pour mes 4 plats à la carte qui m’ont bien rempli.

Mais Annette, ce n’est certainement pas un simple bar à vin où l’on grignote pour s’occuper les mains. L’endroit propose une sélection de vins soigneusement curatée par le directeur sommelier Hugo Duchesne et une carte de cocktails signée Olivier Quintin . Mais c’est aussi des soirées de dégustation le lundi avec Hugo Duchesne, des shows d’humour, des nuits DJ, du jazz en direct, autant d’événements qui transforment une simple sortie au restaurant en véritable expérience.

La reconnaissance ne s’est pas fait attendre. Annette détient le Bib Gourmand Michelin dès 2025, une distinction réservée aux tables offrant une cuisine de qualité à prix raisonnable. Un titre mérité, comme j’allais m’en rendre compte par moi-même.

Mon expérience à Annette bar à vin

Je m’installe dans la petite terrasse, en attendant mon premier plat des guédilles de crevette nordique, concombre & brioche arrivent en premier. La brioche fondante sans être trop beurrée, à peine croustillante en surface, moelleuse à cœur m’impressionne. Les crevettes baignent dans une sauce mayonnaise fraîche, et le concombre légèrement pickled apporte ce coup d’acide bienvenu qui réveille l’ensemble. Là où le bât blesse légèrement, c’est dans la profondeur de la gedille elle-même (on arrive parfois en bout de brioche sans plus de garniture, un petit déséquilibre qui m’a laissé sur mon appétit).

Les asperges, sauce ajo blanco, corrigent le tir avec une précision chirurgicale. Les asperges sont fraîches, à peine croquantes, cuites avec une retenue exemplaire. Le dressage est soigné, presque géométrique, posé côte à côte. La sauce ajo blanco, subtile et non envahissante, laisse toute la place au légume. Une petite touche de vinaigre, de la fleur de sel, des croûtons à l’ail, des carottes, du radis et quelques jeunes pousses viennent composer une douce mélodie de textures et de saveurs. Une assiette qui prouve que la cuisine végétale, entre les mains des bons chefs, n’a rien à envier à d’autres plats viandards.

Le flétan, sauce cresson et safran confirme que la cuisine du restaurant sait aussi manier le poisson avec justesse. La chair se découpe facilement en strates régulières. La sauce au cresson apporte la note herbacée, et le broccolini passé sur le grill ajoute ce goût fumé qui ancre l’ensemble presque comme un umami. L’harmonie entre les éléments est bonne, le safran se laisse désirer dans sa subtilité, mais la sauce de cresson est présente en quantité suffisante pour lier chaque bouchée. Une assiette bien équilibrée.

Le mille-feuille clôt le repas. La purée de camerise, légèrement acidulée, contraste avec la crème de ricotta, aérienne et légère comme un nuage. Les feuilles de gaufrette découpées irrégulièrement, ultra-fines, à peine croustillantes, cèdent au moindre coup de la fourchette, et la pistache vient apporter sa touche grillée pour compléter le tableau. Un dessert élégant et précis, qui se mange presque qu’avec les yeux.