Joe Beef Montréal : le steackhouse mythique

Joe Beef

2491 R. Notre Dame O, Montréal, QC H3J 1N6

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Joe Beef est une adresse que l’on m’a recommandée jusqu’au Texas. Fondé par les chefs Frédéric Morin et David McMillan, le restaurant s’est imposé comme un symbole d’une cuisine généreuse mêlant steakhouse nord-américain, bistronomie française et fruits de mer. Au menu, les grands classiques mais des suggestions du jour arrivent comme ce soir-là un plat d’asperges blanches, de flétan et une entrée à base d’oursin.

L’endroit déborde de vie. Installé sur un strapontin le long du bar à huîtres, mes longues jambes peinent à trouver leur place, même un siège en classe économique sur Ryanair semblerait presque luxueux en comparaison. Mais très vite, cette odeur iodée des produits de la mer fraîchement ouverts sous mes yeux s’impose, tandis que les serveurs se faufilant dans un espace optimisé au centimètre près, me frôlent régulièrement dans une chorégraphie désordonnée. À côté, certains clients restent accoudés au bar, téléphone à la main, participant malgré eux à une ambiance sonore dense.

Le décor raconte une autre histoire. Une atmosphère de pub britannique légèrement fanée, où le bois patiné du bar semble avoir absorbé des décennies de conversations. Des poissons suspendus, des éléments maritimes disséminés avec ce charme un peu vieilli qui fait partie de l’identité du lieu.

Mon expérience au restaurant Joe Beef

Je vais commander dans un premier temps deux huîtres de calibre différent venant d’Alabama accompagnées d’une sauce épicée maison. La première, plus charnue, dévoile une texture crémeuse intéressante. La seconde, plus petite, se distingue par une intensité iodée remarquable, presque parfaite dans son équilibre. Cela reste cependant embêtant d’aller chercher des produits aussi loin…

Les plats mettent du temps à arriver, attendant plusieurs dizaines de minutes voire une heure. Mon second plat arrivera, un os à moelle. Très timide dans son contenu. À peine deux petites cuillères de moelle, légèrement trop salée seule et non à la fleur de sel, trouvent un certain équilibre avec le bouillon de légumes qui l’accompagne. Un bouillon simple, presque rustique, mais dont l’acidité prend un peu trop le dessus. Une exécution qui laisse une impression mitigée, entre frustration et simplicité. Le pain au levain, facturé en supplément, arrive avec un énorme cornichon et un beurre délicatement salé.

Le plat principal rattrape cependant l’expérience. Le canard, servi saignant, baigne dans une sauce au poivre vert absolument riche et profonde. Les pommes de terre, taillées comme de grosses frites rustiques bien croustillantes, accompagnent pour saucer le plat . Un plat généreux avec un magret complet qui terminera mon estomac.