Restaurant Plume à Montreal : la nouvelle table du Mile End

Plume

122 Av. Fairmount O, Montréal, QC H2T 2M5

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :
plume

Quand Brigitte Emond Serret et Raphaël Leclerc-Gileau visitent pour la première fois ce local de la rue Fairmount Ouest, une famille de pigeons niche encore dans l’auvent. Chaque matin, il faut balayer les plumes devant la porte. Puis, en vidant le sous-sol, le duo tombe sur tout un cabinet d’oiseaux empaillés, laissés par l’ancien propriétaire, chasseur à ses heures perdues. Le nom du restaurant est déjà choisi.Plume est né, presque malgré eux.

Ouvert en avril 2026, Plume est la toute première adresse en solo du couple, qui s’est rencontré il y a une dizaine d’années au Bouillon Bilk, elle en salle, lui aux fourneaux. Leurs chemins s’étaient ensuite séparés. Raphaël, formé en cuisine et en pâtisserie, passe par le Bar George avant de se tourner vers le service privé ; Brigitte affine son métier de sommelière au Candide, puis au restaurant Panacée, qu’elle vient tout juste de quitter. Le tandem s’installe finalement dans un ancien commerce de pâtisserie grecque en activité depuis 1967, au 122 Fairmount Ouest, en plein cœur du Mile End.

La salle que je découvre est étonnamment calme, une pièce tout en longueur, avec une cuisine entièrement ouverte où les deux chefs s’activent chacun à son poste. Je m’installe au petit bar, qui ne compte qu’une dizaine de places, aux premières loges sur l’action. Au fond, derrière une grande vitre, s’aligne une collection de bouteilles de vin visiblement choisie avec soin dont la carte privilégie les importations privées. La carte change au gré des saisons. Les prix restent raisonnables pour ce type d’adresse : environ 20$ pour les entrées, 35$ pour les plats.

Mon expérience au restaurant Plume

Tout commence avec un thon frais arrivé accompagné de chips parsemées de nori et de petits cubes de concombre (un peu trop nombreux à mon goût). Ils envahissent presque l’assiette. Le poisson, lui, est taillé grossièrement, laissant d’épais morceaux de chair qui auraient mérité plus de finesse. La sauce yuzu donne le punch acide pour vraiment réveiller l’ensemble. Ce sont finalement les chips qui apportent le croustillant recherché et une pointe fumée bienvenue.

Ensuite, le bar rayé dont l’odeur de grillé embaume la salle dès que le plat arrive devant moi. Le bar est laqué d’une sauce sucrée-salée, dans l’esprit d’une sauce XO, et bien cuit (un peu trop, en fait, à mon goût). L’aubergine navigue entre deux eaux. Ni tout à fait fondante ni tout à fait crue, sauvée par un léger croustillant venu du grill. Des piments poblano et shishito viennent compléter le tout dans leurs formes totalement grillées pour pousser la profondeur de goût. Selon moi, il manque une touche de fraîcheur au plat pour équilibrer le tout, une herbe, un trait d’acidité, quelque chose pour alléger l’assiette.

Enfin, je vais recevoir les deux ravioles au homard, nappées d’une bisque beurrée qui ne fait pas dans la demi-mesure tant elle est généreuse. La pâte est cuite al dente, relevée d’un bon coup d’estragon, et le homard à l’intérieur est fondant à souhait. J’avoue m’être fait plaisir au point de me tacher le chandail de bisque. Quelques brins de ciboulette ou un peu d’oignon blanc apportent la touche acide qui manquait pour équilibrer la richesse du plat. Je trouve que celui-ci est totalement réussi.