Les Plaisirs Gourmands à Strasbourg : immersion gastronomique

Les Plaisirs Gourmands

21 Quai Mullenheim, 67000 Strasbourg, France

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Assez éloigné du centre historique de Strasbourg, le restaurant Les Plaisirs Gourmands se distingue par son emplacement paisible, au bord de l’Ill. Installée dans une élégante maison, l’adresse donne immédiatement l’impression d’être invité chez le chef Guillaume Scheer, plutôt que dans un restaurant gastronomique classique.

Aux beaux jours, une terrasse permet de profiter du cadre verdoyant. Lors de ma visite hivernale, c’est à l’intérieur que l’expérience se déroule, installé confortablement dans un large fauteuil, sur une moquette grise épaisse. L’atmosphère est feutrée, presque solennelle, avec un décor volontairement sobre, parfois même légèrement austère, qui laisse toute la place à l’assiette.

Mon experience à Les plaisirs gourmands

Je me laisse séduire par le menu dégustation, proposé autour de 150 €, avec la possibilité d’ajouter le célèbre chariot de fromages de la maison Lorho, véritable institution alsacienne.

L’expérience débute par une série de petits fours élégants, clin d’œil assumé à l’Alsace. Une mini-tarte flambée aérienne, servie sur soufflet, côtoie une tartelette garnie de gravelax de saumon. Des bouchées gourmandes, précises, que l’on pourrait aisément qualifier de plaisirs gourmands.

Le menu se poursuit avec un carpaccio de Saint-Jacques aux agrumes, tout en fraîcheur et en acidité. Une entrée nette et maîtrisée, qui prépare idéalement le palais pour la suite du voyage culinaire. L’équilibre est juste, sans fausse note.

Les deux plats suivants font clairement voyager hors des frontières traditionnelles de la cuisine française, avec des techniques et inspirations asiatiques.

D’abord, des gyozas de joue de bœuf, délicatement posés dans un consommé de bœuf intense. Quelques copeaux de truffe viennent apporter une dimension terrienne et une profondeur aromatique bienvenue. La farce, puissante et fondante, domine l’ensemble, même si l’on pourrait regretter un léger manque de croustillant sur la pâte du gyoza.

Le second plat nous emmène en Asie du Sud-Est avec un Saint-Pierre accompagné d’un jus de curry vert. Le jus est puissant, bien épicé, sans excès, et se marie harmonieusement avec le chou pak-choï, adouci par des notes de saté et de beurre de cacahuète. Une assiette audacieuse, équilibrée et parfaitement exécutée.

Le plat principal marque un retour appuyé vers la grande gastronomie française avec un lièvre à la royale, généreusement nappé d’une sauce profonde et intense. La cuisson et la réalisation sont impeccables, offrant un hommage sincère à ce monument culinaire.

Seul bémol à mon sens : les spaetzles au raifort, dont la puissance aromatique peine à se fondre totalement avec la richesse de la sauce du lièvre. Un contraste intéressant, mais qui divise selon moi.

Le dessert conclut le repas sur une note régionale assumée. Une glace de Noël à la cannelle accompagne un feuilleté de pomme et de coing, relevé par un caramel au beurre salé. L’assiette se pare d’un élégant clin d’œil à la feuille d’érable canadienne, apportant une touche personnelle pour moi à cette fin de repas chaleureuse.