Ramen Isshin Montréal ouvre ses portes au quartier chinois et ailleurs

Ramen Isshin

1 R. de la Gauchetière E, Montréal, QC H2X 1P4

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Sur l’avenue du Mont-Royal Est, au cœur du Plateau, un comptoir de Ramen Isshin sert depuis mai 2022 l’une des adresses les plus courues pour un bol de ramen à Montréal. L’endroit est la déclinaison montréalaise d’une petite chaîne canadienne née à Toronto, qui compte aujourd’hui des adresses à Toronto, à Ottawa, mais aussi surtout dans le quartier chinois depuis juillet 2026 où je suis allé.

spicy red miso - ramen Isshin
spicy red miso

Le mot « Isshin » vient du japonais et rassemble trois idées chères à la maison. Un dévouement total dans la préparation de chaque bol, l’idée que chaque service est une rencontre unique, et une dédication sans compromis. Une philosophie qui colle au chef exécutif et copropriétaire Koji Zenimaru. Originaire d’Osaka, il a fait ses classes très jeune dans la restauration japonaise avant de partir tenter sa chance à Vancouver, où il a appris les ficelles de l’izakaya. Son parcours l’a ensuite mené à Toronto, où il a participé à l’ouverture de l’izakaya Kingyo avant de fonder, en 2013, le tout premier Ramen Isshin avec deux associés. Le miso reste sa signature. Chaque bol commence sa cuisson au wok, où les légumes, le mélange de miso rouge et blanc et le saké sont saisis avant de recevoir le bouillon tonkotsu.

Ramen Isshin mise sur un espace compact d’une trentaine de places, dans un style comptoir plus proche du fast-casual que du restaurant traditionnel. Dans certains restaurants, on commande par code QR ou sur un ticket remis à l’arrivée, et le service, rapide et professionnel, est clairement pensé pour un lunch qui ne traîne pas plutôt que pour un souper qui s’étire.

La carte tourne autour de deux piliers : le miso et le tonkotsu, déclinés en une quinzaine de bols incluant plusieurs versions végétariennes (adaptables en version végane). Le clou de la carte reste le Red Dragon, une version corsée du miso rouge épicé, dont la sauce pimentée maison combine quinze épices différentes, aussi servie avec un œuf mariné entier et des nouilles épaisses et torsadées. Les prix des ramens oscillent entre environ 19 $ et 23 $. En entrée, on retrouve les incontournables du genre : les gyoza de porc frits (7,50 $ pour cinq morceaux), servis avec une sauce umami maison, et les takoyaki (8,50 $ pour cinq morceaux), ces boulettes de poulpe frites nappées de sauce takoyaki, de mayo Kewpie et de copeaux de bonite séchée.

Mon expérience à Ramen Isshin

J’ai commencé mon repas sur un terrain familier : les gyoza de porc. Croustillants à souhait, la coque dorée craque sous la dent, mais cela trahit son origine industrielle. Rien qui ne sorte du lot. Le genre d’entrée que je commande par réflexe.

Les takoyaki, en revanche, sont bien meilleurs. Sous une coque légèrement croustillante, l’intérieur fond littéralement en bouche, laissant toute la place à la farce de poulpe pour s’exprimer. La sauce, légèrement sucrée, enrobe chaque bouchée sans l’écraser, et le vrai spectacle se joue avec les copeaux de bonite séchée, soulevés par la chaleur, qui ondulent comme une nuée de papillons au-dessus des boulettes. Un classique, certes, qui manque cependant de son morceau de poulpe à l’intérieur dur, comme l’effet de surprise que j’apprécie dans ce plat.

Puis est arrivé le bol de miso rouge Red Dragon, version pimentée du Spicy Red Miso. Dès la première gorgée, la profondeur du bouillon impressionne. Un umami dense, généreux, qui ne cherche pas à se cacher derrière le piquant. Seul bémol, selon moi, les nouilles, elles, trahissent encore une fabrication industrielle, flottant dans le bouillon sans la texture distinctive qu’on espère d’un bol signature. J’ai particulièrement apprécié la générosité de la portion de pâtes et du plat même si j’aurais aimé y trouver un peu plus de protéines pour équilibrer le tout. Quant au piquant, la pâte de piment du Red Dragon a testé mes limites. Sans être insupportable pour les palais plus résistants, elle s’approche clairement du seuil au-delà duquel le plaisir cède la place à l’épreuve pour moi.