Le Violon : le nouveau restaurant mythique de Montréal

Le violon

4720 Rue Marquette, Montréal, QC H2J 3Y6

Notes

Techniques :
Qualité des produits :
Harmonie :
Créativité :

Dans une rue discrète du Plateau-Mont-Royal, la façade du restaurant Le Violon pourrait presque passer inaperçue. L’extérieur est cosy. Rien n’indique vraiment que l’on se trouve devant l’un des restaurants les plus branchés de Montréal. Autrefois se trouvait ici Maison Publique, une institution culinaire montréalaise. Et pourtant, depuis son ouverture en 2024, l’établissement du chef Danny Smiles s’est imposé à une vitesse fulgurante sur la scène gastronomique canadienne. En quelques mois à peine, il s’est hissé parmi les meilleurs nouveaux restaurants du pays selon Air Canada et dans les fameux classements Canada’s 100 Best Restaurants 2025 et North America’s 50 Best Restaurants, attirant même les célébrités telles que le médiatisé dîner entre Justin Trudeau et Katy Perry.

Mais ce soir-là, en poussant la porte, je ne pense ni aux classements ni aux récompenses. La lumière est tamisée, les vitres légèrement teintées plongent la salle dans une ambiance feutrée et intime. Le regard est immédiatement attiré par un grand tableau iconique représentant un dalmatien « Earthquake » de Dan Climan, directeur créatif, une œuvre qui domine l’espace.

Au centre, un grand bar au style parisien attire les regards. C’est là que je m’installe, avec une vue parfaite sur la cuisine ouverte. Les gestes des cuisiniers se succèdent avec précision à mon plus grand plaisir. La cuisine joue avec les influences québécoises, méditerranéennes et européennes.

Mon expérience au restaurant Le Violon

Le repas commence avec une battuta de bœuf, aïoli aux cèpes et champignons de Paris. La viande est hachée finement, d’un rouge profond. Dès la première bouchée, le caractère très sanguin et extrêmement frais du bœuf apparaît. L’aïoli aux cèpes surprend, l’ail se fait à peine sentir, laissant une impression légèrement acidulée qui évoque une mayonnaise très subtile. Par-dessus, des champignons de Paris crus, finement ciselés, apportent un léger croquant et une note végétale.

Le deuxième plat est végétarien, un topinambour, des poireaux et une sauce béarnaise. Les poireaux sont fondants, presque confits. Les tranches de topinambour, braisées, développent ce goût profondément terreux et légèrement noisetté typique du légume. Mais toute l’âme du plat réside dans la sauce béarnaise généreuse. L’estragon domine clairement et accentue encore le côté végétal du plat.

Puis arrive le plat le plus marquant du repas : le porc Beau Rivage, soubise, choux et jus. Le porc est légèrement rosé, cuite sur la braise. La viande est tendre et repose sur un lit de choux fermenté, apportant une acidité bienvenue. Deux sauces semblent presque s’affronter, d’un côté une soubise crémeuse, proche d’une béchamel, affronte un jus de viande réduit, sombre et profond. Le contraste est puissant. L’attention du restaurant va même jusqu’à proposer du pain pour terminer les sauces.

Enfin le dessert arrive avec un millefeuille à la marmelade de clémentine et praline noisette. Les feuilles de pâte sont parfaitement croustillantes. La clémentine apporte une note parfumée, ni trop acide ni trop sucrée. La praline de noisette est excellente, bien que légèrement discrète à mon goût. On aimerait presque en retrouver davantage pour accentuer le côté gourmand. Mais l’ensemble reste élégant et parfaitement exécuté.