Caché dans une galerie d’art, Le Serpent joue la carte de la discrétion. De l’extérieur, le lieu est sobre donnant l’impression d’une usine désaffectée ( ce que je confirmerai plus tard puisqu’il s’agit véritablement d’une ancienne fonderie). Une grande porte sombre s’ouvre sur un espace brut et spectaculaire. Un long bar d’une dizaine de places s’étire sous des tuyaux difformes, une oeuvre d’art appelée « Le Serpentaire » de Patrick Coutu, rappelant l’univers industriel et artistique du lieu. La pièce, tout en longueur, dévoile une multitude de tables et de peintures accrochées au mur comme dans une galerie d’art.
Mon expérience à Le Serpent


En entrée je me laisse conseiller, la tartelette aux champignons, mousse de cèpes, jus de veau et marsala, elle arrive avec un dressage légèrement imprécis, la crème coulant sur le côté. En bouche, la tartelette se révèle légèrement croquante, mais suffisamment solide pour contenir le jus du fond de veau. Les feuilles de salade posées sur le dessus semblent anecdotiques, presque inutiles. Mais rapidement, les choses s’équilibrent, les poireaux, légèrement fondus, apportent une acidité surprenante comme des pickles qui vient casser la richesse du jus de veau, particulièrement généreux. Le côté terreux des champignons est prolongé par des échalotes frites, offrant une longueur en bouche profonde et persistante.
Mon plat sera les bucatini au travers de porc confit, ’nduja, ail noir et soya, un plat riche mettant en valeur les talents de la cuisine italienne du lieu. Les bucatini sont parfaitement cuits, al dente comme il se doit. Les pâtes posées de manière légèrement imparfaite dans l’assiette sont relevées par la puissance épicée de la ’nduja, généreusement dosée. Les travers de porc, bien que discrets visuellement, imprègnent la sauce d’une richesse proche d’un ragoût. L’ail noir et le soya viennent prolonger l’ensemble avec subtilité.
Le risque de la soirée reposait clairement sur le dessert. La crostata poire et coing, vin chaud épicé et glace au parmesan m’intrigue dès la lecture du menu. Le vin chaud, transformé en gelée sucrée, entoure la tartelette. La glace au parmesan me surprend, très sucrée à l’attaque, elle ne dévoile son caractère salé qu’en fin de bouche. Mais l’équilibre fonctionne. La bouchée parfaite crée une véritable explosion de saveurs.
Je m’en sortirais au final pour une centaine de dollars canadiens avec une pinte de bière.