© www.rockhouse.com Perché le long des falaises abruptes de West End à Negril, le Rockhouse Hotel n’est pas seulement un hôtel iconique de Jamaïque. C’est aussi un restaurant et un bar devenus presque légendaires. On raconte que des figures comme Bob Marley ou Bob Dylan y auraient dîné dans les années 70, à l’époque où l’adresse attirait des artistes et esprits bohèmes en quête d’évasion sur la côte ouest. Les prix en US dollars sont élevés comparés au coût de la vie en Jamaïque, un positionnement clairement tourné vers les visiteurs étrangers. Cela crée une certaine distance avec la scène locale, ce qui est peut-être le seul bémol dans ce décor de carte postale.
Le restaurant du Rockhouse épouse littéralement la roche volcanique. La terrasse en bois semble flotter au-dessus des eaux turquoises. À l’heure dorée, le coucher de soleil embrase l’horizon et transforme le bar en scène cinématographique. L’air est chargé d’embruns, mais aussi d’une odeur subtile de citronnelle pour éloigner les moustiques. La philosophie “new Jamaican” du Rockhouse leur permet de reprendre les classiques jamaïcains et de les affiner. Les ingrédients sont locaux et l’inspiration est traditionnelle.
Mon expérience au restaurant du Rockhouse
La soirée débute avec une attention offerte : un shot de soupe de légumes déposé sur la table, accompagné d’un pain brioché et de beurre. Le geste est appréciable, même si aucune explication n’accompagne le service.
Je commence par l’Ackee Dip servi avec des chips de plantain. L’ackee (fruit national jamaïcain) possède une texture crémeuse et un goût doux rappelant légèrement l’œuf brouillé. En version dip, il devient frais et onctueux, presque délicat. Les chips de plantain apportent le croquant nécessaire, mais en quantité limitée. Une fois les quelques chips terminées, il me reste du dip… et l’équilibre se perd légèrement.
En plat principal, je choisis le vivaneau à la noix de coco épicé. Servi sur une poêlée de légumes dans un esprit escovitch, le poisson est frit avec une panure subtile de noix de coco. Le piment est volontairement modéré. Le résultat est néanmoins réussi, une chair fondante malgré la friture, et une note sucrée apportée par la coco qui équilibre parfaitement les épices.
Enfin, je me laisse tenter par l’Old Time Something, une soupe maritime généreuse et profondément ancrée dans la tradition jamaïcaine. Calamars, crevettes et pêche du jour longuement mijotés dans une sauce dense « run down » typique de la Jamaïque (base de lait de coco réduit avec ail, oignons, thym et piment) . Servie avec du riz qui absorbe cette sauce longuement réduite. C’est une très belle découverte que je me surprends déjà à vouloir recréer chez moi.
