Niché dans le quartier résidentiel de Senriyama à Osaka, le restaurant Kashiwaya incarne l’excellence de la cuisine kaiseki, cette forme d’art culinaire japonaise qui allie esthétique, saisonnalité et raffinement absolu. Couronné de trois étoiles au guide Michelin et d’un macaron vert, Kashiwaya offre bien plus qu’un repas : c’est une expérience méditative, poétique, presque spirituelle.
Une adresse confidentielle à Osaka, pour initiés éclairés
À l’écart de l’effervescence d’Umeda ou de Dotonbori, Kashiwaya cultive la discrétion. Dès l’entrée, l’élégance sobre de l’architecture vous invite au silence. Tatamis immaculés, alcôves minimalistes, vues sur un jardin zen soigneusement entretenu : chaque détail évoque l’harmonie entre la nature, l’homme et la cuisine.
Cette maison centenaire réinterprète les codes du ryotei – les restaurants traditionnels japonais d’élite – dans une approche à la fois classique et contemporaine. Assis seul dans une pièce entière, sans jamais rencontré les autres convives le temps était à la méditation est au saveurs. Seuls des femmes en kimono traditionnels viendront déranger votre repos afin de vous servir.
Un chef maître du temps et des saisons
Hideaki Matsuo, chef de Kashiwaya, est l’un des grands noms de la gastronomie nippone. Il compose son menu comme un haïku : peu d’ingrédients, mais un impact profond. Chaque plat célèbre la saison en cours, sublimée par une technique d’une précision chirurgicale. Parfois même en ayant ses propres volontés comme avec ce soufflé sans oeuf ni farine.
Parmi les plats qui m’ont marqué :
- un riz à la vapeur mélangé avec du poisson gorette, gingembre et poivre japonais.
- un soufflé de petits pois et crevette sans farine ni oeuf.
- Des sashimis de dorade, crevette et calmar accompagné de sauce ponzu et sauce soja.
- un Chimaki-sushi de dorade accompagné de taro de poulpe
- ou encore un dessert à base de fruit de la passion en gelé.

Une cuisine d’émotions, entre tradition et poésie
Ce qui distingue Kashiwaya, c’est sa capacité à émouvoir sans éblouir. Ici, pas de surenchère visuelle ou de gadget moléculaire. L’assiette est sobre, mais elle captive. Chaque bouchée est une leçon de retenue, de patience et de respect du vivant.
Le rythme du service, le silence du lieu, les gestes du personnel en kimono participent à une forme rare de déconnexion. On en sort apaisé, presque transformé.
Kashiwaya Osaka Senriyama est une prière murmurée sous forme de repas.

