Assis au comptoir de Brocard, le regard plongé dans la cuisine ouverte, l’expérience commence avant même la première bouchée. Les viandes grillent, et chaque geste des chefs semble parfaitement chorégraphié. Bien que récent, le restaurant fonctionne déjà comme une mécanique bien huilée. Autour de moi, des détails racontent une histoire : un luth accroché au mur, une plaque d’immatriculation syrienne, des affiches de vins et une projection en noir et blanc montrant les films de Doreid Laham, ancien acteur syrien.
Mon expérience au brocard
Le kibbeh marque les esprits dès la première bouchée. Sa coque de boulghour, parfaitement croustillante, renferme un veau finement épicé où le cumin domine avec justesse. Les pignons et les noix apportent une texture délicate mais subtile, tandis que le mutabal d’aubergine, peu amer et remarquablement équilibré, s’accorde avec la fraîcheur acidulée des graines de grenade.
Le freekeh, quant à lui, dévoile une profondeur terrienne saisissante. L’agneau, fondant malgré une cuisson légèrement poussée, repose sur un boulghour au caractère affirmé. L’ensemble est adouci par un yaourt frais, ponctué de petits morceaux de concombre, qui vient équilibrer le plat avec finesse.
Pour un prix plutôt généreux de 40$, le restaurant Brocard permet une bonne initiation à la cuisine syrienne. La carte offre une variété de plats de grillade avec les dippings typiques de la cuisine levantine (hummus, muhamara…)
